L’ITALIE vue à travers la diversité de ses vins blancs

Après l’Espagne, l’Amérique du Nord ou la Suisse, le Carré s’est à nouveau transporté hors de nos frontières. Direction l’Italie cette fois pour une soirée exclusivement consacrée aux blancs transalpins. Des vins généralement rafraîchissants et aériens, non conventionnels comme ce mousseux puis ce prosecco servis en apéritif sur la terrasse baignée de soleil du cinquième étage des locaux de Square.

Avec pour point de départ l’Emilie Romagne, région traditionnelle du Lambrusco, avec ce Don Camillo 2013, un vin mousseux non filtré et sans sulfite. Issu d’un cépage malvoisie d’une propriété de huit hectares, ce vin révèle une légère amertume combinée à des tanins et une texture qui ne laissent pas indifférents.

Une mise en bouche, accompagnée de charcuterie locale, immédiatement suivie d’un incontournable avec ce prosecco « historique » présenté par Marco Pelletier, notre sommelier et fidèle animateur de nos dégustations, comme « le plus racé et le plus représentatif de l’appellation ». L’occasion de partager un Prosecco Ca’ dei Zago brut non dosé issu d’une petite propriété en élévation du vignoble Valdobbiadene en Vénétie. Élevé en biodynamie, cet effervescent classique est caractéristique de l’appellation et de son cépage glera.

Un Blanc de Morgex et de La Salle (ici le millésime 2010), une appellation typique du Val d’Aoste et des vins de montagne
Un Blanc de Morgex et de La Salle (ici le millésime 2010), une appellation typique du Val d’Aoste et des vins de montagne

Désormais au complet, les participants découvrent ensuite une sélection de vins très clairs, parfois inattendus comme ce Blanc de Morgex et de La Salle 2013, un vin du Val d’Aoste, une région frontalière au pied du Mont-Blanc. Authentique vin de montagne provenant du vignoble le plus élevé d’Europe (1.200 mètres), ce vin acide, délicat et fruité, est issu d’un cépage autochtone cultivé en biodynamie sur un massif calcaire.

Autre variété de ces appellations hors des sentiers battus avec ce Palistori di Valgiano 2014, un vin assez neutre, léger et acide aves ses saveurs d’agrumes et de glycine. Issu d’un terroir sablonneux au nord de Lucques en Toscane, ce vin provient d’un assemblage de cépages vermentino et trebbiano.

S’ensuit un Schiopetto 2013, un vin d’une propriété d’une trentaine d’hectares dans la région du Frioul en Vénétie Julienne, à proximité immédiate de l’Autriche et de la Slovénie. Un vin issu d’un cépage local (tocai friulano) élevé sur un terroir relativement méconnu, tout proche de l’Adriatique, et servi avec de la burrata accompagnée d’un assortiment de verdures estivales (courgettes, aubergines, poivrons grillés). Une manière de confirmer que l’Italie est bien au cœur de cette dégustation.

Un Sono Montenidoli, une valeur sûre de l’appellation Vernaccia di San Gimignano
Un Sono Montenidoli, une valeur sûre de l’appellation Vernaccia di San Gimignano

Autre découverte maintenant avec ce Gewürztraminer 2009 de la maison Hofstätter, un domaine d’une cinquantaine d’hectares, dans le Sud-Tyrol. Un vin à 14,5° avec beaucoup de sucres résiduels et en légère surmaturité.
Après ces vins souvent inattendus, place à une nouvelle sélection en côte-à-côte, à commencer par ce Sono Montenidoli 2012, une valeur sûre de l’appellation Vernaccia di San Gimignano. Issu d’une propriété de huit hectares, ce vin puissant, tonique et d’une grande verticalité se révèle également d’une grande puissance aromatique. Autant de caractéristiques à rapprocher de son potentiel de vieillissement dans cette appellation, la première parmi les blancs en Toscane à avoir reçu le prestigieux label DOCG (dénomination d’origine contrôlée et garantie), de plus en plus prisée.

Autre appellation originale avec ce Fiano Beneventano 2011 du domaine Ocone, une propriété d’une douzaine d’hectares à 350 mètres d’élévation dans une zone montagneuse au Sud-Est de Naples et qui produit un vin très équilibré. Une propriété réputée pour son attachement aux cépages autochtones comme le fiano et à l’agriculture biologique.

Direction les Abruzzes maintenant avec ce Pecorino 2010 de chez Emidio Pepe, une propriété familiale où ce cépage autochtone est élevé dans des amphores en terre cuite ensevelies dans le sol. Un mode de vinification de plus en plus répandu en Italie et qui confère à ce vin local, accompagné d’un médaillon de veau à la sauge (saltimbocca alla romana) et de gnocchis, un charme particulier.

Un Ramí (ici le millésime 2007), un très grand vin sicilien élevé en amphores
Un Ramí (ici le millésime 2007), un très grand vin sicilien élevé en amphores

Place ensuite à un côte-à-côte de l’appellation terre siciliane autour de trois vins servis avec du gorgonzola, un fromage typique à base de pâte persillée originaire de Lombardie. Avec, par ordre d’apparition, un Incanto du domaine Enza la Fauci, un classique issu d’un terroir volcanique qui donne un vin frais et ciselé, un Azienda agricola COS 2013 et un Ramí 2012, un vin élevé en amphore.

Avec, en guise de conclusion, un Kaplja 2008 du domaine Damijan, une petite propriété de huit hectares à la limite de la Slovénie qui produit 7.000 bouteille par an de ce vin orange, un vin blanc vinifié en rouge selon une tradition qui remonte à l’antiquité. Ce qui donne un vin frais, très tanique avec beaucoup d’amertume et de texture, proche des saveurs d’un Grand Marnier.

Ultime découverte enfin avec ce Moscato di Noto de la maison Riofavara qui produit notamment ce muscat sicilien consensuel, très clair et très frais. Un vin de terroir aussi avec ses saveurs d’orange et son influence maritime caractérisée.