Une soirée PRESTIGIEUSE autour du vignoble de la Côte-de-Nuits

Premières retrouvailles pour les membres du Square Wine Tasting Club depuis le dîner annuel du 16 janvier dernier chez Macéo, en face des Jardins du Palais-Royal. Autre ambiance cette fois pour la vingtaine de convives réunis avenue Achille Peretti à Neuilly au cinquième étage du groupe Square dont l’immeuble a été récemment entièrement rénové.

Avec un apéritif en terrasse en cette soirée de mi-avril, relativement bien ensoleillée. L’occasion de rappeler d’emblée le thème de cette dégustation consacrée à la Côte-de-Nuits, autrement dit les diverses appellations bourguignonnes qui s’étendent entre Marsannay et Nuits-Saint-Georges en Côte-d’Or sur un axe longitudinal d’environ 25 kilomètres. Une manière pour Marco Pelletier, notre fidèle sommelier, de rappeler que « la Bourgogne est une terre d’accueil » et les Côtes de Nuits des vins généralement très pâtissier. Un thème nécessairement fédérateur donc malgré l’envolée du prix de nombreuses parcelles, donc de beaucoup bouteilles, surtout les plus prestigieuses.

Place à l’apéritif d’abord sur la terrasse et au soleil couchant. Avec deux vins blancs, notamment servis avec du jambon persillé, pour commencer. Le premier s’avère un Bourgogne générique 2015 de chez Anne Gros. Un chardonnay avec beaucoup de calcaire, ce qui est toujours une garantie de qualité pour un vin blanc. Un vin élevé sur un tout petit domaine de 0,5 hectares juste à l’extérieur de la commune de Vosne-Romanée.

Un Côte-de-Nuits-Village de chez Didier Fornerol, un chardonnay tonique et acide

Second vin blanc ensuite avec Côte-de-Nuits-Village 2008 de Didier Fornerol. Un chardonnay tonique, acide et d’une très grande fraîcheur, élevé sur un petit hectare (neuf hectares au total pour l’ensemble de l’appellation). Un vin aux saveurs de noisettes torréfiées avec une très belle palette aromatique propre à ce cépage incontournable.

Direction notre grande table en U maintenant pour le dîner proprement dit. Avec un nouveau vin blanc, un Marsannay 2015 de chez Jean et Jean-Louis Trapet, qui exploitent une propriété familiale de quinze hectares fondée en 1870 et qui produit notamment cette appellation communale issue d’un minuscule « climat » – le nom des toutes petites parcelles en Bourgogne – de 0,6 hectare sur les 139 hectares de l’appellation (dont 18 hectares en blancs) exploité en bio-dynamie depuis 1996. Un vin servi sur un Brillat-Savarin agrémenté de pommes de pin poêlées, de pruneau et de feuilles de briques. Précisons enfin que le Marsannay, ainsi que le souligne Marco Pelletier, est la seule appellation du vignoble de la Côte-de-Nuits à produire des vins rouges, blancs et rosés.

Un Nuits-Saint-Georges blanc Clos de la Maréchale, un Premier Cru parmi les plus rares de Bourgogne mais entouré d’un grand mystère quant à l’identité de la « Maréchale »

S’ensuit un Clos de la Maréchale, un Nuits Saint-Georges 2014 Premier Cru, un chardonnay de Jacques-Frédéric Mugnier, propriétaire de 14 hectares à Chambolle-Musigny sur les 310 hectares de l’appellation (à peine 2% pour les vins blancs) dont 143 hectares en Premiers Crus. Un vin entouré d’un relatif mystère, notamment l’origine de la Maréchale, et surtout, « l’une des bouteilles les plus rares de Bourgogne » assure Marco Pelletier. Un domaine à l’histoire relativement mouvementée puisque les dix hectares localement en métayage auprès de Faiveley, une des grandes maisons bourguignonnes fondée en 1825, sont finalement repris en 2004, s’ajoutant aux quatre hectares détenus auparavant par l’actuel propriétaire.

Place aux vins rouges maintenant avec ce Côte-de-Nuits Village Le Moix Fringuet 2013 du Domaine Trapet Père et Fils, un domaine en légère élévation. Une jolie appellation générique élevée dans de vieilles barriques avec ses saveurs d’argile et de cerise burlat servie sur de la volaille de Bresse. Et Marco Pelletier de nous rappeler que le cépage dont il est issu, un pinot noir, « ne supporte pas la médiocrité ».

Autre pinot noir avec ce Bourgogne générique 2015 Grand Chaliot (du nom du lieu-dit de la parcelle de 0,35 hectare dont il est issu) du Domaine Hubert Ligner situé sur la commune de Morey-Saint-Denis. Un vin d’un rouge intense provenant de vignes plantées en 1987 et d’une belle intensité olfactive.

Nouvelle appellation Côtes-de-Nuits ensuite avec ce Fixin Premier Cru 2013, un Clos Napoléon issu du Domaine Pierre Gelin, une propriété d’une petite quinzaine d’hectares. Un terroir reconnu dans la région et qui donne un vin proche d’un Chambertin.

S’ensuit un incontournable Vosne-Romanée 2014 Aux Champs Perdrix du Domaine Audiffred, une propriété de six hectares qui produit ce joli cru avec ses saveurs de feuilles de thé, de roses séchées et d’écorces d’orange.

Place ensuite à un Morey-Saint-Denis Trilogie 2014 du Domaine Hubert Lignier servie sur du confit de canard landais avec une réduction de sauce de poulet de Bresse agrémentée de pleurotes, de pommes de terre et de quelques fruits rouges. Un vin issu de la troisième génération de propriétaires dont le domaine s’étend aujourd’hui sur six hectares suite à divers problèmes de succession.

Nous découvrons ensuite à un vin très rare, quasiment introuvable, un Gevrey-Chambertin 2014 de Claude Dugat. Un vin riche, élégant et bien mûr élaboré par un des pionniers de l’appellation.

Direction Chambolle-Musigny maintenant pour un Premier Cru Aux Beaux-Bruns 2014 de chez Ghislaine Barthod, un pinot noir chic et délicat, volontiers considéré comme le vin le plus féminin de l’Hexagone, notamment grâce à son terroir particulièrement calcaire. Un vin d’une extrême finesse, très proche d’un Clos Vougeot ou d’un Musigny.

Nous basculons ensuite dans l’univers des Grands Crus avec cette bouteille de Bonnes-Mares Grand Cru 2013 du domaine Robert Groffier. L’occasion de découvrir un vin puissant, raffiné et envoutant, entièrement récolté à la main, avec beaucoup de boisé, de mâche et une étonnante sensation tactile. Un des vins préférés de Marco Pelletier en Bourgogne. Un vin qu’il situe entre un Chambolle-Musigny et un Morey-Saint-Denis compte-tenu de sa texture en bouche. « Un vin particulièrement racé » ajoute-t-il.

Un Échezeaux Grand Cru Les Loachausses du Domaine Anne Gros, une propriété basée à Vosne-Romanée

Autre Grand Cru de cette soirée prestigieuse avec cet Échezeaux Grand Cru 2013 Les Loachausses du Domaine Anne Gros, une propriété basée à Vosne-Romanée. Un vin tout aussi racé que le précédent, avec beaucoup de mâche, d’intensité et de puissance aromatique, qui plus est idéalement servi sur de l’Époisses et du Mont d’Or, deux fromages élevés localement.

Pour (presque) conclure cette soirée, Marco Pelletier nous propose une dégustation à l’aveugle avec ce vin tuilé et sans tanin avec une étonnante couleur de brique brune. Un vin avec beaucoup de droiture et de pureté issu d’un très joli millésime et servi sur une salade de fruits rouges. Un peu acide et avec un arôme tertiaire aux saveurs de cuir frais et de tabac blond, ce vin s’avère un Clos Vougeot 1971 de chez Grivot, une bouteille issue d’une petite parcelle de 1,5 hectare. Un vin que Marco Pelletier qualifie volontiers de « grand millésime classique » tout en rappelant qu’il ne faut « pas confondre grands millésimes et potentiel de vieillissement d’une bouteille, surtout depuis la fin des années quatre-vingts ».

Dernier breuvage de la soirée avec cette liqueur d’abricot de la Côte de Beaune de chez Jean-Marc Roulot. Une liqueur assez suave, moelleuse et avec beaucoup de fraicheur pour une bouteille dont la saveur du noyau atteint 25°. Un produit original et extrêmement rare pour conclure cette soirée prestigieuse autour des Côtes de Nuits !