Une soirée estivale sous le signe des vins du PIÉMONT

La dernière dégustation du Carré avant la trêve estivale était placée sous le signe du Piémont, une région viticole du Nord de l’Italie parfois comparée à la Bourgogne même si elle ne produit que très peu de vins blancs et possède beaucoup plus de cépages.

L’apéritif démarre traditionnellement sur la terrasse de Square au cinquième étage de l’avenue Achille Peretti à Neuilly sous la houlette de Marco Pelletier, notre traditionnel sommelier qui nous rappelle que le Piémont produit du vin depuis 500 ans avant Jésus-Christ. Et Jérôme Boucheron, le président de Square, d’introduire brièvement cette dégustation en évoquant un joli « closing » pour ce premier semestre.

Avec un Langhe de la maison Barale Fratelli, un vin blanc du cépage arneis, un cépage autochtone. Un vin avec beaucoup de fraicheur et un voile légèrement perlant pour compenser son manque d’acidité naturelle. Une référence pour cette maison fondée en 1870.

S’ensuit un Colli Tortonesi, une cuvée Oltre Torre NTEO à 14 degrés, un vin blanc du cépage local cortese dans le Monferrato, une région particulièrement ensoleillé du Piémont. Un vin très proche du raisin, élevé sur un terroir d’argile d’un domaine de quatre hectares créé en 2010 et servi sur de la focaccia, une spécialité locale de brioche salée et moelleuse.

Direction ensuite notre traditionnelle table en U pour le dîner proprement dit. Un dîner d’une vingtaine de convives qui démarre par deux vins servis en parallèle. Le premier s’avère un Alba Monteratto Ceso 2015, un vin rouge légèrement tuilé du cépage grignolino élevé au Nord de Turin. Le second est issu d’un terroir calcaire du Monferrato. Un vin d’une relative amertume avec des saveurs de langue de chat, de cèdre rouge et de cacao. Élevé dans un domaine traditionnel avec une acidité volatile de 0,5 à 0,6 gramme par litre, ce vin de la Maison Valpane est particulièrement représentatif du cépage nebbiolo, le cépage noble du Piémont.

S’ensuit un Nervi Gattinara 2014, une appellation qui s’étend sur moins de quarante hectares sur un terroir également sablonneux et planté en nebbiolo.


Un Uvaggio de la propriété Sperino, un vin piémontais avec beaucoup de mise en valeur du fruit

Place ensuite à un Uvaggio 2013, un vin de la Proprietà Sperino avec beaucoup de mise en valeur du fruit et un primi piatti d’agnolotti, un plat d’Emilie-Romagne constitué de ravioles vertes et jaunes à la truffe du Piémont avec de la farce, de la ricotta, des épinards et du parmesan.

Nous dégustons maintenant un Cavallotto Langhe Nebbiolo 2015, un vin de relativement longue garde (idéalement une quinzaine d’années) servi sur de l’involtini de veau, du taleggio, un fromage italien au lait de vache, et des peccorino, autre fromage italien mais au lait de brebis et à la truffe.

Direction le Nord du Piémont ensuite avec ce Sottimano 2013, un Barbaresco Pajore provenant d’une appellation de 400 hectares. Ce qui nous donne un vin rouge avec passablement de texture du cépage vespolina. Un vin élevé sur un terroir calcaire à flanc de coteaux.

Autre appellation – parmi les plus prestigieuses – des vins du Piémont avec ce Barolo Monvigliero 2014 de la cave GB Burlotto. Un vin d’une grande verticalité avec des apports d’argile, beaucoup de texture et de mâche, élevé dans le village de Verduno et issu du cépage nebbiolo.

S’ensuivent deux cépages relativement populaires, un Barbera d’Alba 2015 de la Maison Santa-Lucia, un vin très doux et sans tanins, puis un Dolcetto d’Alba Réva 2016, un vin particulièrement tuilé.

Un Barolo Bersano 1980, un vin d’une propriété de 250 hectares aujourd’hui

La dégustation finale enfin avec deux vins en parallèle, « deux vins d’une autre époque, vinifiés différemment » nous avertit Marco Pelletier. Le premier, légèrement tourbé et récolté en sur-maturité, est un vin avec moins d’énergie que les vins contemporains et s’avère un Barolo Bersano 1980, une propriété d’aujourd’hui 250 hectares. Le second est également un Barolo du millésime 1971 cette fois, un millésime encore plus ancien donc, de la maison Giordano. Un vin oxydé aux saveurs de pruneau servi sur des framboises et de la crème fraiche.

Une dernière surprise pour conclure avec ce Moscato d’Asti 2017 blanc frizante en légère sur-maturité avec ses saveurs de clous de girofle et de cannelle. Un vin très amer, un peu sucré, d’Aldo Vajra. Un vin élevé en biodynamie selon une méthode ancestrale et servi avec des cerises du marché. Une très jolie conclusion pour cette soirée piémontaise qui doit aussi beaucoup à notre chef Dominique Giovinazzo, un chef d’origine italienne qui a encore une fois exprimé sa passion pour les accords mets/vins et la cuisine transalpine.