Nouveau détour par l’ALSACE pour la rentrée du Carré

Le dîner de rentrée du Square Wine Tasting Club s’est déroulé à la mi-septembre autour d’un thème que les habitués du Carré et Marco Pelletier, son fidèle sommelier, connaissent bien : les vins d’Alsace (15.000 hectares au total dont 800 hectares classés en grand cru). Un thème d’autant plus judicieux que cela faisait longtemps que Le Carré ne l’avait pas revisité, hormis une dégustation consacrée au riesling du monde, l’un des principaux cépages alsaciens, en 2017. L’occasion aussi de se retrouver après la période estivale autour d’un apéritif ensoleillé sur la terrasse de Square au cinquième étage de son siège avenue Achille Peretti à Neuilly.

Avec deux cépages pinot noir en guise de hors d’œuvre, un Albert Boxler 2015, un vin naturellement concentré avec beaucoup de texture, immédiatement suivi d’un Vin Pirouettes 2016 de chez Binner et Compagnie, un vin 100% nature, non sulfité, élevé en biodynamie et issu d’un regroupement d’une douzaine de vignerons alsaciens. Deux vins rouges donc servis sur des bretzels et de la tarte flambée (flammenküeche).

L’occasion aussi de rappeler que le terroir alsacien ressemble un peu au terroir bourguignon en termes de configuration avec sa grande variété de terroirs et des mono-cépages aromatiques qui s’adaptent facilement à la viticulture.
Direction ensuite notre traditionnelle table en U où Marco Pelletier assure à la vingtaine de convives que nous allons découvrir bien d’autres cépages que le riesling ou le gewurztraminer. Et notre sommelier de nous citer les quatre cépages nobles alsaciens ayant droit à l’appellation Grand Cru (pinot noir, riesling, gewurztraminer, muscat Kirchberg) avant de véritablement passer à table.

S’ensuit un Sylvaner – un vin blanc dont les origines se situent en Transylvanie – vieilles vignes 2016 de chez André Ostertag, un viticulteur réputé du Bas-Rhin. Un vin très aromatique et extrêmement clair avec beaucoup de douceur, une certaine tonicité et beaucoup de droiture.

Une Fontaine aux Enfants 2016, un pinot blanc alsacien issu d’un terroir de quartz de 14 hectares appartenant à Marc Kreydenweiss

Nous découvrons ensuite une Fontaine aux Enfants 2016, un pinot blanc de Marc Kreydenweiss issu d’une propriété de 14 hectares située sur un terroir de quartz. Un vin avec à nouveau beaucoup de verticalité et de tonicité servi sur des pâtes au beurre noisette.

Place ensuite à un Chardonnay 2015, un cépage occupant 1.800 hectares en Alsace. Ce qui nous donne ici un vin à 14°5 très texturé, sans souffre et non filtré, élevé sous voile durant dix-huit mois.

S’ensuit un Grand Cru Osterberg 2015 de chez Kientzler, un Riesling assez foncé. Un vin très solaire, clair et droit, élevé à Ribeauvillé (Haut-Rhin) et parfois un peu envahissant. Un vin immédiatement suivi d’un Alsace Grand Cru 2013 de chez Pierre Frick élevé en biodynamie et servi sur du coq au riesling cuit durant 24 heures et accompagné de choucroute, de lard, de choux et de crème fraîche.

Nouveau Riesling Grand Cru ensuite avec cette Grange de l’Oncle Charles, un Kaeffererkopf 2016 assez rond, entièrement élevé à l’ancienne et emblématique du renouveau des vins alsaciens. Un vin typique, selon Marco Pelletier, de la manière dont « l’Alsace revient en force en matière d’appellations et de vins précurseurs ». Idéalement servi sur un munster, une spécialité de l’Est de la France au lait de vache pasteurisé, de chez Rémy-Rudler, un fromager de tradition dont l’emballage de la boîte affiche une jolie jeune femme blonde au sourire conventionnel assez inspirant.

Un munster de chez Rémy-Rudler, un fromage au lait de vache pasteurisé typique de la région Grand-Est

Place maintenant à un vin aérien et frais, un Muscat sec Grand Cru Kirchberg 2013 d’André Kienztler à Ribeauvillé. Un vin aux saveurs de litchi et de noyaux de pêches servi sur un fromage Big Lacasse cette fois.

Nouveau Grand Cru avec ce Muenchberg Pinot gris 2010 A 360P du domaine Ostertag. Un vin blanc très clair, dense, concentré et assez riche avec ses reflets verts.

Direction l’un des plus anciens domaines alsaciens ensuite – si ce n’est le plus ancien puisque fondé en 1600 – avec ce Clos des Capucins 2007 Grand Cru Furstentum du Domaine Weinbach de la famille Faller qui nous donne ici un Gewurztraminer assez sucré avec ses vingt grammes de sucres résiduels par litre.

Une cuvée Frédéric Émile de chez Trimbach, une maison alsacienne renommée fondée en 1626

Après les vins « traditionnels », Marco Pelletier nous propose de découvrir les trois grandes catégories de moelleux en Alsace. Avec d’abord, une sélection de grains nobles issus de vendanges tardives. Ce qui nous donne un Riesling très sucré même si on s’en aperçoit assez peu avec cette Cuvée Frédéric Émile 2001 de chez Trimbach, une maison alsacienne fondée en 1626. S’ensuit un vin de glace de chez Seppi Landmann, un Gewurztraminer 2004 avec 220 grammes de sucres résiduels par litre. Et enfin, un autre Gewurztraminer 2007 de chez André Ostertag cette fois. Un vin avec beaucoup de sucre en perception aromatique. Trois vins étonnants servis sur une tarte aux fruits frais et confits notamment à base de mirabelles.

Dernière dégustation enfin, à l’aveugle cette fois, avec ce vin évolutif qui s’avère une Cuvée des Seigneurs de Ribeaupierre 1985, un ultime Gewurztraminer de chez Trimbach. Un vin sec et évolutif aux saveurs de truffes blanches et avec beaucoup de panache aromatique. Une conclusion particulièrement réussie pour cette soirée de rentrée.