Nouvelle escapade du CARRÉ en vallée du Rhône

La dernière dégustation 2018 du Carré s’est tenue le 19 novembre au cinquième étage des locaux de Square avenue Achille Peretti à Neuilly. Une soirée placée sous le signe des vins de la vallée du Rhône. Un thème assurément fédérateur compte-tenu du nombre d’appellations familières (Condrieu, Saint-Joseph, Hermitage, Côte-Rôtie) de la vingtaine de convives présents ce soir-là autour de Marco Pelletier, le fidèle sommelier du Square Wine Tasting Club. Et pour la première fois depuis plusieurs mois, pas d’apéritif en terrasse compte-tenu des rigueurs de cette soirée automnale !

Avec une première découverte avec ce vin de France 2016 de la vallée du Rhône septentrionale du Domaine Jamet, un viognier provenant de jeunes vignes de l’appellation Condrieu situées sur des terroirs calcaires extrêmement pentus. Ce qui nous donne un vin tout en longueur et en acidité.

Un vin immédiatement suivi d’un Condrieu provenant d’un terroir de micaschiste et servi avec des canapés de cochonnaille et de fromage blanc. Ce qui nous procure un vin épaulé avec davantage de texture que le précédent, un vin issu d’une Cuvée La Loye 2016 de chez Jean-Michel Gerin qui exploite dix-huit hectares de l’appellation (sur un total de 150 hectares) depuis 1986.

Direction ensuite notre traditionnelle table en U pour le repas proprement dit qui se poursuit, toujours au vin blanc, avec des vins plus affinés que les précédents. Place à un Saint-Joseph 2015 donc du Domaine Monier Perréol, un terroir de schiste de la rive droite du Rhône, qui produit cette appellation dans un esprit de vin nature servi sur un bouillon de ravioles.

S’ensuit un Clos des Grives 2015 du Domaine Laurent Combier, un Crozes-Hermitage issu d’une propriété d’à peine un demi-hectare du Sud de l’appellation. Un vin provenant d’un terroir calcaire de la rive gauche du Rhône.

Un Saint-Péray les Pins (ici le millésime 2014) du Domaine de Bernard Gripa

Nous découvrons ensuite la deuxième plus petite appellation (52 hectares) de la vallée du Rhône avec ce Saint-Péray Les Pins 2007 issu d’un terroir calcaire du Domaine de Bernard Gripa.

Dernier vin blanc de cette première partie de soirée avec cet Hermitage 1994 provenant d’un assemblage de roussanne (90%) et de marsanne (10%) qui s’avère une cuvée Le Chevalier de Sterimberg de Paul Jaboulet Aîné. Une très belle bouteille de cette maison prestigieuse de quatre-vingts hectares (sur les 110 hectares de l’appellation) – dont les origines remontent à 1828 – , finalement rachetée début 2006 par la famille Frey.

Place aux vins rouges maintenant avec cette bouteille issue d’un cépage chatus, un cépage ardéchois autochtone, du Domaine du Grangeon, une propriété de dix-huit hectares située sur un terroir calcaire dont un seul planté dans ce cépage. Ce qui nous donne un vin du millésime 2015 un peu rustique et charnu de la seule propriété de l’appellation (hormis sa cave coopérative), un vin typique des Cévennes issu d’un cépage tardif élevé en biodynamie.

Direction le Nord maintenant avec ce Coteaux du lyonnais 2016 issu d’un cépage gamay et élevé comme une côte-rôtie. L’occasion de découvrir une Cuvée Traboules de chez Guillaume Clusel servie sur un barboton stéphanois, un plat typiquement local à base d’agneau et avec de la crêpe vonnassienne.

S’ensuit un Crozes-Hermitage du Nord de l’appellation avec cette Cuvée Et La Bannière 2017 de chez Matthieu Barret. Un cépage syrah issu d’un terroir de schistes avec des arômes de garrigue, de violette, de tapenade et d’olive fumée.

Place maintenant à un Saint-Joseph 2014, un vin sans souffre du Domaine Martine Rouchier, un vin élevé en biodynamie sur une propriété d’un hectare et demi et issu de vendanges tardives.

Nouvelle appellation ardéchoise cette fois avec un Cornas 2006, un vin du département éponyme (111 hectares pour l’ensemble de l’appellation) élevé en face de la ville de Valence, de chez Robert Michel dont c’était le dernier millésime de son domaine de quatre hectares. Un vin un peu rustique, parfois difficile de compréhension, mais idéalement servi sur du picodon, un fromage de chèvre de la Drôme, et un Saint-Marcellin, un fromage de vache de l’Isère.

Un Côte-Rôtie Cordeloux 2013 de chez Marie et Pierre Benetière, une des appellations parmi les plus prestigieuses de la Vallée du Rhône

Direction Côte-Rôtie maintenant avec une magnifique bouteille Cordeloux 2013 de chez Marie et Pierre Benetière, un vin avec énormément de finesse issu d’un domaine d’à peine un hectare.

Place ensuite à un Hermitage 2013 de chez Bernard Faurie, un vin avec beaucoup de mâche provenant d’un assemblage de trois terroirs.

S’ensuit un dernier détour par deux vins moelleux issus de la même appellation et du même cépage servis sur de la galette bressane, une sorte de brioche à la crème avec de la glace de marrons et de la praline. Tous deux s’avèrent des Muscats Beaumes-de-Venise, le premier étant un Rhonéa Carte Or 2015 et le second un Domaine de Durban 2005, un vin beaucoup plus jaune, sucré et soutenu.

Une dernière dégustation enfin avec ce vin rouge aux saveurs de maison de campagne, de bacon et de lard fumé typiques de l’appellation. Un vin très sombre avec beaucoup d’allonge et au nez assez exceptionnel qui s’avère un Côte-Rôtie 1972 de chez Boissy & Delaygue, un vin avec 20% de cépage viognier. Un très joli final pour cette soirée particulièrement conviviale et chaleureuse. ?