Quand LE CARRÉ retourne en CHAMPAGNE

Retour sur un terrain familier pour la plupart des membres du « Square Wine Tasting Club » pour cette seconde dégustation de l’année, à savoir la Champagne. Un vignoble de 34.000 hectares bien connu, pour ne pas dire emblématique, des amateurs de vins effervescents et une manière aussi de le revisiter, Marco Pelletier, notre fidèle sommelier, nous expliquant d’emblée qu’il « s’agissait d’abord d’un moment de partage autour du champagne sans lui donner une dimension trop technique ».

Et notre sommelier de nous restituer en quelques phrases le parcours des vins de champagne depuis leur apparition en tant que vin tranquille, non effervescent donc, en 400 après JC. « Au départ, ces vins étaient destinés à la région parisienne. Ce sont ensuite les Anglais qui ont véritablement créés l’appellation en y introduisant la notion d’effervescence et de prise de mousse à l’embouteillage. En 1670 enfin, Dom Pérignon, un moine de l’abbaye d’Hautvillers, sera le premier à pratiquer l’assemblage de différents crus et cépages et à lancer la méthode traditionnelle d’élaboration du champagne » résume Marco Pelletier.

Place à l’apéritif maintenant avec un Vin clair non effervescent avec zéro sucre sur une base 2016. Un vin tranquille avant la fameuse prise de mousse, avant fermentation donc, qui s’avère un vin de la Maison Michel Gonet avec beaucoup d’acidité et très tonique servi sur des blinis aux œufs de saumon et au raifort.

L’apéritif se poursuit avec une seconde bouteille brute de dégorgement, toujours de chez Michel Gonet mais remontant à 2011, et dégorgée en terrasse cette fois. Un Grand Cru Blanc de Blancs 100% chardonnay qui s’avère parfaitement sec.

Place ensuite à un coteau champenois, un vin rouge tranquille, non effervescent donc, issu de pinot noir de la Côte des Bar de chez Aurélien Gerbais. Un vin aux arômes de cerises bien mûres provenant de l’assemblage de plusieurs millésimes.

Direction notre traditionnelle table en U maintenant pour le dîner proprement dit. Avec trois champagnes issus de terroirs minéraux et crayeux. Servis simultanément, le premier s’avère une Cuvée de réserve Blanc de Blancs, un brut sans année (BSA) sur une base 2011/2012, un champagne tonique 100% chardonnay de chez Pierre Péters, un domaine de 14 hectares réputé aux Etats-Unis et situé au Mesnil-sur-Oger dans la Marne.

Le deuxième, avec davantage de mâche et d’épaule, provient d’un terroir plus solaire, un peu bourguignon, se révèle un Extra-Brut Grand Cru de chez Pascal Agrapart sur une base 2013/2014. Un champagne également très tonique et 100% chardonnay.

L’Originale d’Aurélien et Pierre Gerbais, un champagne kimméridgien 100% pinot blanc

Cap sur le Sud de la Champagne et les marnes kimméridgiennes maintenant avec cette bouteille issue d’une vigne de pinot blanc (3% du vignoble champenois) de 1904. L’occasion de découvrir L’Originale, une jolie bouteille sur une base 2011 d’Aurélien et Pierre Gerbais qui n’en produisent que 1.500 exemplaires par an.

S’ensuivent trois champagnes élevés en fût et servis en parallèle. Trois champagnes dont Marco Pelletier nous assure qu’ils « sont ses favoris sur des terroirs parmi les plus modestes de l’appellation » et accompagnés par de la lotte au four avec un crumble sur du parmesan, des gnocchis tièdes et des poireaux.

Le premier s’avère un Frédéric Savart Premier Cru, une cuvée accomplie (80% chardonnay/20% pinot noir) provenant d’un domaine de 3,5 hectares qui en produit 20.000 bouteilles par an élevées en partie en fût de chêne autrichien. Ce qui nous donne un vin légèrement grisé avec une couleur d’œil de perdrix et une sucrosité naturelle avec beaucoup de mâche.

Second champagne avec cet Emmanuel Brochet provenant du Mont Benoît, une propriété de 1,9 hectare au début de la Montagne de Reims où tout s’effectue à la main. Ce qui nous donne un joli vin d’assemblage (pinot meunier, pinot noir, chardonnay).

Dernier champagne de cette sélection avec ce Domaine de la Closerie Les Béguines, un assemblage de pinot-meunier (95%) et de pinot gris (5%) de chez Jérôme Prévost.

Place aux fromages (Chaource, Langres et Soumaintrain affiné au Chablis) maintenant avec quatre très grands champagnes servis à l’aveugle et issus de différents millésimes. Le premier, un champagne avec beaucoup de nez, s’avère une Cuvée Paradis 2006 de chez Alfred Gratien. Le deuxième, très fin, n’est autre qu’un Dom Pérignon 2006, la cuvée de prestige de la maison LVMH. Le troisième, très jaune, se révèle une Tête de Cuvée 1995 Louise de la maison Pommery. Le dernier enfin, beaucoup plus clair que les précédents, s’avère un Comte de Champagne 2005 de la Maison Taittinger, une cuvée 100% chardonnay particulièrement réputée de la Côte des Blancs.

Avec une curiosité maintenant avec ce champagne rosé demi-sec de la Maison Veuve Clicquot dans sa bouteille grise avec son étiquette orange. Une Cuvée Rich essentiellement conçue pour effectuer des cocktails tout en donnant une image plus contemporaine et plus moderne de l’appellation.

Une cuvée Rich de la Maison Veuve Clicquot, un vin rosé demi-sec essentiellement destiné à des assemblages de cocktails

Place au dessert enfin avec ce biscuit rémois au mascarpone avec des raisins caramélisés. L’occasion de découvrir deux mistelles, un vin muté issu de pinot noir mélangé avec du moût de raisin frais et de l’alcool. Première mistelle, vaguement rosée, qui s’avère un ratafia de champagne non-fermenté d’Ambonnay dans la Marne, un ratafia fortifié avec de la Fine de Champagne. Seconde mistelle havane clair au marc de champagne 1996 de chez Michel Gonet, une mistelle plus exubérante que la première même si les deux s’avèrent assez proches avec leurs 180 à 190 grammes de sucres résiduels par litre. Une jolie conclusion pour cette soirée sous le signe du vignoble champenois.