Au coeur d’une authentique « paulée » de la côte de Beaune

Le « Carré » a eu le privilège de participer à l’événement célébrant la fin des vendanges du domaine Simon Bize et Fils à Savigny-lès-Beaune en Côte d’Or. Retour sur un moment de convivialité et de partage dans la plus pure tradition bourguignonne.

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Savigny-lès-Beaune (Côte d’or), le 10 septembre 2015. C’est un privilège rare. Parce que l’événement ne se produit qu’une fois par an, parce qu’il ne concerne qu’un cercle restreint de privilégiés et parce que l’opportunité d’y participer est assez exceptionnelle. Authentique moment de partage et d’émotion, la « paulée » est le repas qui réunit au lendemain des vendanges l’ensemble de ceux qui y ont contribué. Une tradition bourguignonne bien ancrée à laquelle nous avons eu la chance d’être associés grâce à Marco Pelletier, l’animateur des dégustations du « Carré », que l’on ne présente plus, et à Chisa Bize, la propriétaire du domaine Simon Bize et Fils à Savigny-lès-Beaune en Côte d’Or. Quatrième génération à la tête de cette propriété familiale de 22 hectares fondée en 1880, Chisa Bize a eu la gentillesse de nous recevoir à l’occasion de la traditionnelle paulée de son domaine.

Hasard du calendrier

Simple concours de circonstance ou hasard du calendrier, les vendanges à Savigny-lès-Beaune s’étaient terminées la veille et le temps était radieux. Une météo à l’image du sourire de la propriétaire en nous accueillant dans son domaine. Fallait-il mettre cet accueil et cet apéritif chaleureux sur le compte de cette météo exceptionnelle ? « Ce sont les semaines qui précèdent la récolte qui comptent le plus » sourit Chisa Bize, visiblement soulagée. Sans doute le mauvais souvenir du millésime 2012, le plus compliqué de ces quarante dernières années. Tout le contraire de ces vendanges 2015 qui se présentent plutôt bien. Comme beaucoup, Chisa Bize songe naturellement à la grêle qui a, dix jours auparavant, détruit la plupart des meilleures parcelles de Chablis à une centaine de kilomètres au Nord.
Des considérations climatiques qui nous amènent rapidement sur le terrain de la biodynamie et de la cosmologie auquel cette viticultrice d’origine japonaise, fille d’un célèbre lanceur de baseball, est particulièrement sensible. « En biodynamie, on élève le vin différemment. C’est un autre rythme, celui de la nature. Cela permet de transmettre de l’énergie et des vibrations particulières » explique-t-elle. Une forme de symbiose avec la nature garante de l’authenticité et du savoir-faire du domaine.

Les vins du domaine à l’honneur

L’apéritif touchant à sa fin, la maîtresse de maison intime gentiment à la soixantaine de convives de passer à table. Le repas débute dans une joyeuse ambiance autour d’un couscous géant préparé par un jeune vendangeur d’origine algérienne. Les toasts s’enchaînement ensuite autour de la maîtresse de maison, que ce soit à l’initiative de Marco avec les bouteilles qu’il a apportées ou des invités heureux de partager les vins du domaine (Savigny-lès-Beaune Les Bourgeots 2009, Savigny-lès-Beaune 1er Cru Les Vergelesses 2011, Savigny-lès-Beaune 1er Cru Les Serpentières 1995) avec sa propriétaire.
Le déjeuner se poursuit dans une ambiance de plus en plus conviviale avec des équipes visiblement fières du travail accompli. Une authentique paulée, la seconde du domaine
depuis la brusque disparition de Patrick Bize en octobre 2013. Son épouse Chisa, très émue avec deux bouquets de fleurs dans les bras, prend alors la parole pour saluer la mémoire de son mari, remercier ses proches ainsi que l’ensemble des participants. Un moment d’émotion et de recueillement qui donne une dimension particulière à son intervention. Avec, à cet instant, le sentiment de partager intensément l’histoire du domaine.

Le «ban bourguignon», une tradition bien ancrée

La dimension festive de l’événement reprendra rapidement son cours avec divers enchainements de « bans bourguignons », une tradition locale bien ancrée consistant à faire pivoter ses mains à hauteur des épaules en fredonnant « tra, la, la, la, la, la-lère » avant d’accélérer la cadence en chantant « la, la, la, la, la, la, la, la » tout en frappant dans ses mains. Et ainsi de suite… Ambiance garantie sur fond de lancer de confettis, cette tradition de la paulée étant aussi un message de convivialité adressé à l’ensemble des participants. Un événement assurément réussi et qui laisse présager le meilleur quant au millésime 2015. Sans compter que la Bourgogne n’en n’a pas fini avec les vendanges ! A peine achevées dans les Côtes-de-Beaune, elles démarrent tout juste dans les Côtes-de-Nuits (Nuits-Saint-Georges, Vosne-Romanée, Clos Vougeot, Chambolle-Musigny, Gevrey-Chambertin), à quelques kilomètres au Nord. Et ainsi de suite jusqu’à fin septembre. De quoi envisager autant de paulées que de domaines…