Un cognac de 1914 débouché « à la pince »

C’est une tradition du dîner annuel du Carré, tradition qui puise ses racines dans l‘univers du porto. Après plusieurs dizaines d’années de vieillissement, les vins ou eaux de vie à forte teneur en alcool ont tendance à fragiliser le liège du bouchon de la bouteille avec un risque important de fragmentation au moment de la déboucher. Pour éviter toute mauvaise surprise, les spécialistes recourent alors à une méthode consistant à ouvrir la bouteille non pas à l’aide d’un tire-bouchon mais « à la pince ». Une méthode simple et éprouvée mais qui requiert beaucoup de délicatesse.

Un moment convivial et émouvant

Avec un scénario quasiment immuable consistant à chauffer une pince au fer rouge avant de la serrer autour du goulot durant une trentaine de secondes. Immédiatement cette étape franchie, on applique au goulot un linge préalablement trempé dans de l’eau glacée, ce qui, sous l’effet du choc thermique, brise net le goulot. A la fois émouvante et efficace, cette méthode a été utilisée par Marco Pelletier lors de l’ouverture de divers cognacs d’exception : Grande Champagne 1950 de chez Guy Lhéraud, Grande Champagne 1940 de chez Delamain, Grande Champagne 1914 Comte de Mareuil. Difficile d’imaginer plus authentique et convivial au moment de partager un digestif hors norme, quand ce n’est pas hors du temps